SIA 2019. Une base aérienne convertie en pôle d’agriculture biologique au cœur de l’Essonne

Nourrir 10 % de ses 200 000 habitants et 50 % de la restauration collective d’ici à 10 ans, grâce à une offre alimentaire bio et de proximité. C’est l’ambition affichée par l’agglomération Cœur d’Essonne avec son projet Sésame, présenté le 25 février, lors du Salon de l’Agriculture. Celui-ci prévoit l’installation d’une centaine de fermes, pour faire de l’agglomération « un territoire pionnier de la transition agricole et alimentaire ». Son slogan : « Le bio s’ouvre à vous ».

Une ferme pilote de 75 hectares

Première étape de ce projet, la conversion d’une partie de l’ancienne base aérienne 217, à Brétigny-sur-Orge, en pôle agricole pilote de 75 ha, sur les 300 totaux, cédés par L’État en 2015. Cette « Ferme de l’envol » doit permettre le développement d’une agriculture bio et locale, et hébergera des activités de maraîchage (14 hectares), de céréaliculture (12 hectares), de pâturage (8 hectares), de vergers (1 hectare) et un atelier de boulangerie. « Ce projet est le résultat d’une forte volonté politique depuis une dizaine d’années, pour développer sur le territoire des circuits les plus courts possible et engager une mutation agricole. Le Sésame, qui est une plante nécessitant peu d’eau, résume bien notre ambition », explique Éric Braive, président de Cœur d’Essonne Agglomération.

Répondre à une demande croissante

Le projet compte de nombreux partenaires. Monté avec le soutien de Fermes d’Avenir et du Groupe SOS, il bénéficie également du soutien d’acteurs de la transformation de la distribution, tels que le Groupe Casino, le magasin bio voisin Mémé Georgette, des restaurateurs, le groupe coopératif agricole InVivo, des AMAPs, etc. Et ils ne seront pas de trop pour répondre au fort enjeu de la demande en bio, fait valoir Sophie Danlos, directrice de Fermes d’avenir. « La capacité de production en bio est multiplié par dix chaque année, alors que la demande s’accélère deux fois plus vite. Il y a des besoins alimentaires importants auxquels il faut répondre, notamment dans les cantines. »

Premières récoltes en 2020

Alors que 50 % des agriculteurs actuellement en activité seront partis à la retraite en 2025 en France, le projet Sésame veut susciter les vocations. « L’enjeu est aussi, avec ce projet, de donner envie aux gens d’être paysan. D’autant plus que la diversification des productions demande beaucoup de main d’œuvre », souligne Laurent Marbot, maraîcher bio qui gérera la Ferme de l’envol.

Les habitants de l’agglomération sont invités à donner leur avis sur le projet à travers une consultation citoyenne. Les travaux de la Ferme de l’Envol doivent commencer au printemps 2019. Les premières récoltes sont attendues pour le printemps suivant.