Sortie du glyphosate, Pierre-Étienne Bisch et Arvalis font le point sur les avancées

Le préfet Pierre-Étienne Bisch, coordinateur interministériel en charge du plan de sortie du glyphosate a été auditionné le 24 juillet 2019 par la mission d’information dédiée de l’Assemblée nationale. L’occasion lui était donnée de faire le point sur la question. Référence-environnement a relevé plusieurs avancées notables :

  • Financement : une mission est en cours au sein du ministère de l’Agriculture pour élaborer une matrice des financements envisageables afin d’aider les agriculteurs dans les investissements nécessaires à leurs changements de pratiques. L’objectif est de repérer toutes les ressources budgétaires possibles, qu’elles proviennent du Gouvernement, des fonds communautaires ou encore des collectivités territoriales. « Un guide des financements destiné aux agriculteurs est également en préparation », a précisé Pierre-Étienne Bisch.
  • Start-up : la start-up annoncée par Emmanuel Macron prend forme, avec la mise au point d’une application destinée aux agriculteurs pour qu’ils puissent comparer leurs pratiques à celles d’exploitants sortant du glyphosate. Un pré-projet est attendu d’ici un an.
  • Enquête : une enquête menée par Ipsos sera lancée en septembre auprès de 600 agriculteurs pour connaître leurs pratiques en matière de désherbage. Les résultats sont attendus pour fin septembre-début octobre.
  • Produits à base de glyphosate : l’Anses conduit actuellement une analyse comparative sur l’utilisation du glyphosate pour n’autoriser, à compter de 2020, que les usages des produits à base de glyphosate qui ne présentent pas d’alternative.
  • Information du grand public : un point semestriel sera publié sur le site Internet « Sortir du glyphosate.

Arvalis plaide pour une sortie par étapes dans certains cas

Anne-Claire Vial et Ludovic Bonin, respectivement présidente et ingénieur en charge du désherbage chez Arvalis-Institut du végétal, ont été auditionnés avant le préfet ce même jour. Ils ont notamment fait part de leur inquiétude pour certaines exploitations, notamment celles situées en zones intermédiaires où l’optimisation des charges s’avère vitale. Pour « ne pas laisser sur le bord de la route un certain nombre d’exploitations », l’Institut appelle à l’établissement d’un cadre de sortie du glyphosate « permettant de gérer les situations critiques ou conjoncturelles ». Si l’abandon de la molécule est jugé possible dans de nombreux cas, il paraît difficile, voire impossible dans d’autres. Pour ces derniers cas, Arvalis plaide pour une sortie par paliers, avec l’instauration d’indicateurs permettant de jauger les réductions d’usage.

L’Institut a de son côté lancé une enquête par mail sur l’utilisation du glyphosate et les alternatives envisagées auprès de 50 000 agriculteurs de grandes cultures. Les résultats sont attendus pour l’automne.