Tendance engrais – Dans le brouillard

Les achats des agriculteurs en novembre et décembre n’auront guère représenté que 10 à 20 % de ce qu’ils sont habituellement en fin d’automne. Les offres sont également très limitées, les prix craquent pour l’instant dans le vide… Le marché continue d’évoluer dans la plus grande opacité. Au grand désespoir des opérateurs qui s’attendent à une reprise des transactions compliquée début 2009.

10 % d’un mois de novembre ou de décembre normal ? 20 % ? Le flux des transactions tous engrais confondus est nettement en dessous de ce qu’il est habituellement pour cet opérateur de l’Ouest de la France. Constat identique en Normandie, dans le Centre, l’Est, l’Aquitaine, le Midi… Le marché était au vert cet été. Il s’est bloqué mi-octobre. Les agriculteurs qui voient les cours de leurs céréales chuter n’ont aucune envie de se couvrir aux prix encore observés sur le marché des engrais. Une bonne partie des achats pour le premier apport d’azote est en stock, chez l’agriculteur ou la distribution. Catherine Deger

Ci-après : cours et suite de la tendance.

” Mais il reste toute une frange d’exploitants qui attend la baisse de l’urée pour se couvrir, note un distributeur de la façade atlantique. Soit des éleveurs en mal de trésorerie, soit des producteurs grandes cultures qui misent sur le recul des prix ». En face les vendeurs tiennent autant que possible. « Moi, je ne sais pas vendre à un prix inférieur à ce que j’ai acheté », tranche l’un. « Nous allons devoir craquer 200 à 250 euros par tonne d’azote”, reconnaît un autre, à l’autre bout de la France. Soit, sur quelques milliers de tonnes une perte sèche qu’il faudra bien assumer. Car personne n’attend raisonnablement d’assainissement du marché avant février-mars. S’il a lieu. Ce qui signifie que le mois de janvier risque d’être très tendu, entre les agriculteurs et les distributeurs « chargés ». La tendance à la baisse s’est confirmée sur tout ce qui est importation depuis le mois dernier. En solutions azotées, des prix de 175 euros étaient même signalés juste avant la clôture de fin d’année sur Rouen alors que le DAP s’affichait à 400 euros.
Du côté des fabricants, les usines ont suspendu leur activité les unes après les autres. Yara, dans un mouvement orchestré au niveau international, dans l’attente d’une reprise du marché ; Kali und Salz pour les mêmes raisons ; GPN, conjuguant mouvement social et période d’entretien… Autant dire qu’acheteurs et vendeurs, des champs aux sites de production y vont à tâtons. Et attendent la trêve de fin d’année avec impatience. Quant à la reprise elle risque d’être tout aussi compliquée. Si la demande afflue d’un coup d’un seul, les tensions logistiques vont encore venir compliquer le jeu.

Les cotations au 18 décembre 2008 (prix en euros par tonne pour des quantités importantes, stade distribution – dollar à 1,4625 euro)

Solutions azotées : décembre, départ port, 195-193 sur Rouen (octobre, 255-260) ; 230 sur ports façade Atlantique.

Ammonitrates : franco magasin de la distribution, 33,5 %, 467-470 sur décembre ; en 27 %, décembre, 376- 380 (inchangé depuis octobre).

Urée : décembre, VDB ports de l’Atlantique, 220 (début septembre, 620 euros, novembre, 330).

Phosphatés : en VDB ports Atlantiques, décembre, TSP, 580-600 (700 euros en octobre) ; DAP, 400 euros (500-550 début décembre).
Potasse : franco camion de la distribution, décembre, 630, selon départ, prix vendeur ; VDB, 610.

Engrais composés, incotés.

”Tableau : les consommations intermédiaires de la ferme France, Comptes de l’agriculture en 2008

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