Transfert de fonds de la Pac : Stéphane Travert essuie une averse de critiques

Après une première sortie sur les néonicotinoïdes qui avait fait réagir , c’est l’une des premières décisions de Stéphane Travert qui a suscité, le 27 juillet, une pluie de communiqués indignés. Le transfert, à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du premier pilier de la Pac vers se second, a généré un mécontentement généralisé au sein du secteur agricole.
La Fnab, qui attendait un transfert similaire, mais de 3 % et uniquement pour la bio, voit en ces 4,2 % à partager notamment avec les ICHN et les MAEc, « une somme nettement insuffisante. » Évoquant un « jeudi noir » pour la bio, la Fnab pronostique un coup de frein sur les conversions et suspecte le ministre d’avoir prêté l’oreille « aux plus puissants, FNSEA en tête. »

« Mauvais signal à l’heure des États généraux de l’alimentation »

Pourtant, la FNSEA n’apparait aucunement satisfaite de ce qu’elle qualifie de hold up. Pour le syndicat, cette ponction sur les soutiens directs perçus par les agriculteurs est « inacceptable quand de nombreux secteurs traversent une crise grave, avec des prix de marché qui ne couvrent plus les coûts de production. » Si la Fnab estime le transfert insuffisant, alors que la FNSEA le juge au contraire trop important, les deux structures se retrouvent sur un point : « Cette décision est un très mauvais signal à l’heure du lancement des États généraux de l’alimentation. » La Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (Fop), les Jeune agriculteurs (JA) et l’Assemblée générale des producteurs de maïs manifestent également leur désaccord et redoutent, compte tenu de cette décision, que les EGA ne restent au stade de l’affichage politique.

« Héritage du quinquennat précédent »

De son côté, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) fustige le ministre et son prédécesseur : « Cette décision, fruit de l’héritage du gouvernement précédent, est injuste et va encore accroître les distorsions de concurrence avec nos voisins européens. » Sur la même ligne, l’Assemblée permanent des Chambres d’agriculture n’oublie pas d’écorcher Stéphane Le Foll : « Ce transfert va combler l’impasse budgétaire construite par le ministre de l’Agriculture depuis 2013. Et c’est aux agriculteurs d’en supporter les conséquences financières. C’est incompréhensible et inacceptable. »
Les producteurs de lait, regroupé dans la Fédération nationale des producteurs de lait, ne veulent pas « être les banquiers du gouvernement », rappelant que le 20 juillet, le ministre leur avait promis « de trouver les compromis nécessaires pour faire vivre tous les modèles agricoles. »