Un rapport estime à 10 % la part de gaz « vert » atteignable en 2035

Jusqu’où la France pourrait-elle produire plus de gaz « vert » demain et à quel prix ? C’est le titre d’un rapport publié le 9 juillet par le comité de prospective de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Coprésidé par Philippe Mauguin, PDG de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), et Olivier Appert, délégué général de l’Académie des Technologies, ce document est le fruit de neuf mois de travaux et de concertation. Il envisage quel développement pourraient prendre les différentes filières de gaz renouvelable à l’horizon 2035, sans affecter la production alimentaire et sans impact négatif sur l’environnement.

La méthanisation, technologie « mâture et prometteuse »

Selon le groupe de travail, il serait réaliste de « verdir » 10 % de la consommation française de gaz en 2030, soit environ 40 TWh, à un coût d’environ 60 €/MWh « justifié compte-tenu des co-bénéfices qu’il créerait ». Le rapport spécifie qu’à plus long terme, la production de gaz vert pourrait continuer à croître à la faveur de l’essor de l’utilisation de certaines ressources dédiées comme les cultures intermédiaires à valorisation énergétique et de technologies nouvelles.

Des pistes à creuser pour l’Inra

Des trois principales filières étudiées, la méthanisation est aujourd’hui « la plus mature et la plus prometteuse », avec plus de 700 unités en fonctionnement en France. Les deux autres, la pyrogazéification et la technologie du power-to-gas, sont des technologies de rupture dont les potentialités restent à préciser.

À la suite de ce rapport, l’Inra identifie trois pistes de travail à creuser :

  • réalisation de nouvelles analyses du cycle de vie de la méthanisation, enrichissant les données existantes sur la prise en compte des fuites et le devenir des digestats ;
  • évaluation du potentiel de ressources sur le territoire pour produire du biogaz dans des conditions respectueuses de l’environnement ;
  • évaluation des externalités du gaz vert en vue de leur prise en compte par les politiques publiques.