Une année 2018 prolifique pour la production de miel français

C’est une éclaircie bienvenue pour une filière apicole sinistrée par des fortes pertes de cheptel durant l’hiver 2017-2018. La production française de miel se situe entre 18 000 et 20 000 tonnes, selon les relevés de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) communiqués le 25 octobre. Pour 2017, le syndicat estimait la production à 10 000 tonnes (1). Avec « jusqu’à 150 kg de miel par ruche, 2018 est une année record », se réjouit de son côté le Réseau biodiversité pour les abeilles (RBA).

Disparités régionales

Un bilan global qui cache des disparités régionales. Pour l’Unaf la moitié nord de la France tire son épingle du jeu avec de belles moyennes, compensant une situation plus contrastée dans le Sud Ouest ou le sud du Massif Central, où les récoltes sont « parfois plus que médiocres. » Le changement climatique constaté par la filière « depuis 15 ans » reste une préoccupation majeure.

2019 : « Année noire » en vue ?

Car malgré cette embellie, l’inquiétude est de mise pour les acteurs de la filière apicole. Les conditions climatiques ont compliqué l’implantation des colzas, laissant craindre un recul des surfaces implantées de l’ordre de 30 %. Pour RBA, « si cela se confirme, c’est l’une des principales ressources pour les abeilles qui fera défaut », avec des « conséquences dramatiques pour le développement de la santé des colonies et de la production de miel. »
Le 15 octobre, le ministère de l’Agriculture précisait l’enveloppe (3 M€) et les modalités du plan d’aide exceptionnel à l’apiculture, réclamé par la filière depuis le printemps .
(1) Des chiffres qui ne correspondent pas avec ceux de FranceAgriMer, qui évoque 19 788 tonnes pour 2017. L’observatoire de la production de miel FranceAgriMer s’appuyant sur la déclaration de la DGAL, tandis que l’Unaf effectue son calcul en soustrayant de la consommation totale de miel en France (40 000 t) le volume importé, estimé à 30 000 tonnes.

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