Une nouvelle impulsion interministérielle pour Écophyto

Le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Écophyto a réuni pas moins de quatre ministres, le 27 juillet. Si Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, est un habitué des enjeux abordés, tout comme le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, la présence d’Agnès Buzyn (Santé) et Frédérique Vidal (Recherche), confirme que la réduction d’usage des pesticides est un enjeu prioritaire pour l’ensemble du Gouvernement.

« Nouvelle impulsion nécessaire »

« Les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous », constatent sobrement les ministères dans un communiqué commun. Le nombre de doses unités (Nodu) a ainsi augmenté de plus de 12 % en valeur entre 2014 et 2016. Si, pour les quatre ministres, ces chiffres ne doivent pas masquer la dynamique lancée, une nouvelle impulsion est considérée comme « nécessaire ». Un nouvel opus du plan a donc été examiné lors du COS : « Écophyto II+ ».

Priorité numéro un : trouver des alternatives

En termes financiers, l’objectif affiché est de dédier plus de ressources à la recherche et au déploiement d’alternatives aux pesticides. Au-delà des 30 M€ déjà annoncés par Frédérique Vidal le 20 juillet, les quatre ministres évoquent – sans entrer dans le détail – la possibilité de mobiliser les outils du grand plan d’investissement national. Les 71 M€ de crédits nationaux et régionaux consacrés chaque année à Écophyto doivent également être davantage fléchés « vers la recherche appliquée et le transfert de l’innovation, ainsi que le déploiement des collectifs d’agriculteurs. »

Glyphosate : des objectifs de réduction d’usage par filière

Emblématiques et polémiques, certaines matières actives sont spécifiquement citées. C’est évidemment le cas du glyphosate. « Les filières ont présenté de nouveaux engagements de réduction des usages, soit 45 % de réduction en grandes cultures et oléoprotéagineux, et 50 % en viticulture d’ici à trois ans », précisent les ministères. La substitution du glyphosate doit être favorisée dans le cadre du renouvellement des autorisations de mise sur le marché de produits contenant la molécule, qui ne seront plus reconduites que pour trois ans maximum. Le protocole de renouvellement comprendra désormais une évaluation comparative avec les alternatives, quand il y en a.

Consultation prévue à l’automne

Les néonicotinoïdes, dont l’interdiction en France commence en septembre 2018, ont également droit à leur propre focus. « Seules quelques rares dérogations aux interdictions décidées sont envisageables », affirment les quatre ministres. Elles ne pourront concerner que des produits à base d’acétamipride pour de faibles volumes et feront l’objet d’une instruction approfondie quant à leurs impacts.
Cette nouvelle version du plan sera soumise à la consultation publique « à l’automne prochain » et publiée « avant la fin 2018. »