Unifa : presque retour à la normale

Après la campagne 2016/2017 catastrophique, l’Union des industries de la fertilisation (Unifa) affiche un chiffre d’affaires de 2,1 Mrd€, contre 2 Mrd€ l’an passé. Les livraisons d’engrais s’établissent à 9,1 Mt, soit une progression de 2,3 % sur un an, mais se stabilisent par rapport à la moyenne des trois dernières campagnes (+ 0,2 %). Les organiques gagnent du terrain, notamment en provenance de la Belgique et des Pays-Bas. Les importations représentent désormais les deux-tiers des engrais consommés en France. « La campagne actuelle a connu un bon démarrage, porté par la bonne collecte et la hausse généralisée des cours des azotés. La première phase d’achats est terminée et nous attendons les réapprovisionnements. Les emblavements détermineront les achats, et des incertitudes pèsent sur les surfaces de colza », commente Renaud Bernardi, président de l’Unifa.

Règlement européen : le 22 novembre sera décisif
Concernant les dossiers chauds de l’Unifa pour les semaines à venir figure bien évidemment le projet d’harmonisation de règlement européen sur les fertilisants. Un trilogue entre les états membres, la commission et le parlement se tiendra le 22 novembre à Bruxelles. « Le dernier point d’achoppement de ce texte concerne la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés car le conseil et le parlement ne sont pas d’accord », explique Florence Nys, délégué générale de l’Unifa. L’Unifa se range du côté de la Commission et des États membres qui défendent un seuil à 60 mg/kg de P2O5 sur huit ans, tandis que le Parlement tient une position plus ferme, avec un passage progressif de 60 à 20 mg/kg de P2O5. Si aucun consensus n’est trouvé fin novembre, le texte pourrait passer entre les mains de la nouvelle Commission élue au printemps.

Polluants atmosphériques : la France en deçà des objectifs
Autre sujet chaud, celui du Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prépa). L’Unifa a confié au Citepa (1) une étude pour évaluer les différents scénarios face à l’objectif fixé par ce plan de réduire les émissions d’ammoniac de 13 % à l’horizon 2030 en France. « Pour l’instant, la France n’est pas en mesure de tenir cet objectif, même en traitant 100 % de l’urée », estime Renaud Bernardi, président de l’Unifa. L’union réfléchit à des solutions autres que l’enfouissement de l’urée ou son enrobage avec des inhibiteurs. Autre voie d’amélioration envisagée : un transfert d’utilisation de l’urée vers l’ammonitrate, mais les capacités de production actuelle ne permettent pas de satisfaire toute la demande en urée.

(1) : Centre interprofessionnel technique d’études sur la pollution atmosphérique

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