Université d'automne des Living Labs : une dynamique à entretenir

Référence environnement : Quelle est la dynamique des Living labs agricoles en France ?

Bérengère Gouhier : En 2016, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll distinguait deux Living Labs « pilotes », l’un en élevage, l’autre en production végétale. Aujourd’hui, on peut estimer qu’une dizaine de projets se sont approprié cette méthode de travail en France. Il est difficile de faire une liste précise, car il n’existe pas de critères « officiels » à remplir. Il existe un label européen, mais il n’est pas indispensable pour suivre la méthode. Certains projets se présentent comme des Living Labs sans entrer réellement dans les clous, d’autres s’en rapprochent tout à fait sans le revendiquer…

R.E. : L’Université d’automne des Living Labs agricoles s’est tenue les 14 et 15 novembre. Quels sont les contours de cet évènement ?

B.G. : C’est le LIT grandes cultures en Auvergne qui l’a initiée en 2017. Pour la deuxième édition, la fréquentation a été maintenue à 80 participants. Cela confirme l’intérêt pour cet évènement qui est appelé à être renouvelé chaque année. Nous souhaitons dépasser l’approche franco-française. En 2017, nous invitions un Living Lab serbe. En 2018, c’était un Living Lab finlandais. Les Canadiens, très familiers avec la méthode, étaient également présents.

R.E. : Quels en ont été les temps forts ?

B.G. : En plus d’une table ronde centrée sur des Living labs en cours de construction, et d’ateliers très pratiques au choix, nous avons voulu proposer un temps d’échange sous forme de speed-meeting : chaque participant a eu quatre rendez-vous en face à face avec d’autres participants. Pour être dans le concret, nous avons aménagé des temps forts dédiés sur les résultats et aboutissements de Living labs, et abordé également les manières de suivre et évaluer ces résultats.

R.E. : Plus spécifiquement, où en est le Laboratoire d’Innovation territorial (LIT) d’Auvergne ?

B.G. : Nous travaillons avec 4 000 agriculteurs sur un territoire de 220 000 ha. Ils sont au cœur du dispositif, via un comité qui les rassemble où chaque projet innovant est présenté. À ce jour, 65 de ces projets ont été proposés. Les agriculteurs apportent leur regard, et dans certains cas s’investissement personnellement. Six projets sont pleinement opérationnels, d’autres sont encore en maturation.
Dans la gestion globale du LIT, une nouveauté consiste à essayer d’impliquer et d’informer un maximum les citoyens, qui sont aussi des riverains, des promeneurs, des consommateurs… Nous organisons et participons à des évènements pédagogiques ouverts à tous.